Tu n’as pas besoin de faire disparaître tous tes doutes pour avancer. Apprends plutôt à les comprendre, à distinguer une peur d’un véritable obstacle et à faire confiance au prochain pas.
Introduction
Il m’est arrivé souvent de douter de moi.
Et avec les années, j’ai compris quelque chose : ce n’est pas forcément une mauvaise chose.
Le doute peut nous obliger à réfléchir, à vérifier une décision, à mieux préparer un projet. Il peut même parfois nous éviter de foncer dans une direction sans avoir suffisamment regardé où nous mettions les pieds.
Mais il existe un autre doute. Celui qui arrive avant même que nous ayons essayé et qui nous murmure : « Tu n’en es pas capable », « Ce n’est pas pour toi », « Les autres feront mieux ».
C’est celui-là qui peut nous empêcher d’avancer.
Dans mon ancien brouillon, je voulais presque « éliminer » le doute de soi. Aujourd’hui, je ne vois plus les choses ainsi.
À 85 ans, après des réussites, des erreurs, plusieurs changements de direction et quelques projets qui n’ont pas donné ce que j’espérais, je crois plutôt qu’il faut apprendre à vivre avec ses doutes sans leur donner le pouvoir de choisir notre vie à notre place.
Voici six choses que j’aurais aimé comprendre plus tôt.
1. Commence par reconnaître ton doute sans te juger
Lorsque tu hésites devant une décision, ne cherche pas immédiatement à chasser cette sensation.
Demande-toi simplement :
« Qu’est-ce qui me fait vraiment hésiter ? »
Est-ce la peur d’échouer ?
Le regard des autres ?
Le sentiment de ne pas être suffisamment compétent ?
Ou existe-t-il réellement un obstacle que tu n’as pas encore résolu ?
Cette distinction est importante.
Nous avons parfois tendance à mettre toutes nos hésitations dans le même sac.
Pourtant, il y a une grande différence entre penser :
« Je n’en suis pas capable » et constater :
« Il me manque aujourd’hui les moyens nécessaires pour réaliser correctement ce projet. »
La première phrase parle de toi et de la valeur que tu t’accordes.
La seconde parle d’un problème concret auquel tu peux peut-être trouver une solution.
J’ai appris avec le temps qu’avoir confiance en soi ne consiste pas à se persuader que tout est possible.
C’est plutôt pouvoir se dire :
« Je ne sais pas encore si je vais réussir, mais je peux regarder honnêtement ce qui me fait peur et ce dont j’ai besoin pour avancer. »
C’est déjà une forme de confiance.
2. Fais la différence entre la peur et un véritable obstacle
En 1968, j’avais une idée qui me passionnait.
Je voulais créer une entreprise de vente par catalogue de produits importés pour le confort et l’entretien automobile.
À cette époque, des entreprises comme La Redoute avaient montré qu’il était possible de vendre autrement qu’en attendant le client derrière le comptoir d’un magasin.
Cette idée me fascinait.
Mon rêve était de vendre sans être présent.
Je voulais faire du commerce sans avoir besoin d’une boutique sur rue, presque en restant invisible derrière mon catalogue et mon organisation commerciale.
L’idée a mûri et, en 1970, j’ai créé ma première entreprise.
Je me suis lancé avec beaucoup d’envie, mais aussi avec un financement trop faible.Avec le recul, je comprends mieux la différence entre le doute et la réalité.
Tout ce qui nous freine n’est pas forcément dans notre tête.
Un projet peut avoir besoin de davantage d’argent, de compétences, de temps ou d’expérience.
Cela ne signifie pas que nous sommes incapables.
Cela signifie simplement qu’un rêve a aussi besoin de bases suffisamment solides pour grandir.
Si tu traverses toi-même une période de doute, mon article
« Manque de confiance en soi : 7 actions simples pour retrouver confiance et oser avancer »
peut également t’aider à regarder tes hésitations autrement.
3. Ne crois pas automatiquement tout ce que tu te racontes
Il existe une petite voix intérieure que nous connaissons presque tous.
Elle sait parfaitement utiliser nos faiblesses.
« Tu vas échouer. »
« Tu n’es pas assez bon. »
« Il est trop tard. »
« Les autres savent mieux faire que toi. »
Le problème n’est pas que ces pensées apparaissent.
Le problème commence lorsque nous les prenons pour des vérités.
Une pensée reste une pensée.
Tu peux l’écouter sans lui obéir.Au lieu de répondre artificiellement :
« Je vais forcément réussir », essaie une phrase plus simple et plus crédible :
« Je ne sais pas encore si je vais réussir, mais je peux essayer. »
Ou :
« Je ne sais pas encore faire cela, mais je peux apprendre. »
Ce petit mot, encore, change beaucoup de choses.
Certaines croyances nous accompagnent depuis si longtemps que nous ne les remarquons même plus.
J’en parle justement dans
« 9 croyances à laisser derrière toi pour avancer plus sereinement ».
Tu n’as pas besoin de remplacer toutes tes pensées négatives par des pensées merveilleuses.
Commence simplement par ne plus considérer chacune de tes peurs comme une prédiction de l’avenir.
4. Appuie-toi sur de petites réussites
Lorsque tu doutes beaucoup de toi, évite de vouloir te prouver immédiatement que tu es capable d’accomplir quelque chose d’extraordinaire.
Commence petit.
C’est probablement l’une des choses que l’expérience m’a le plus apprises.
La confiance se construit rarement grâce à une grande déclaration devant un miroir.
Elle se construit davantage lorsque tu fais quelque chose que tu ne pensais pas pouvoir faire.
Puis une deuxième chose.
Puis une troisième.
Une petite réussite ne transforme pas immédiatement l’image que tu as de toi, mais elle apporte une preuve.
« J’ai essayé et je l’ai fait. »
Et même lorsque cela ne fonctionne pas, tu apprends quelque chose.
Dans mon parcours professionnel, tout n’a pas réussi.
J’ai changé plusieurs fois d’activité.
J’ai connu des projets qui ont fonctionné et d’autres qui m’ont obligé à revoir ma façon de faire.
Pourtant, chacun m’a appris quelque chose pour le suivant.
C’est aussi pour cette raison que je crois aujourd’hui que la confiance vient beaucoup de l’action :
petite action → petite expérience → un peu plus de confiance → nouvelle action.
Ne cherche donc pas toujours la grande victoire.
Cherche le prochain pas.
5. Écoute les autres sans leur laisser décider à ta place
Lorsque tu as un projet, tu rencontreras probablement trois sortes de personnes.
Celles qui t’encouragent.
Celles qui doutent.
Et celles qui te conseillent d’être prudent.
Il serait trop simple de penser que les premières ont toujours raison et que les autres ont tort.
Quelqu’un qui t’aime peut essayer de te protéger.
Une personne expérimentée peut voir un problème que ton enthousiasme t’empêche de remarquer.
Et parfois, bien sûr, certaines personnes projettent aussi leurs propres peurs sur ton projet.
Alors écoute.
Mais après avoir écouté, reviens à toi.
Demande-toi :
« Ce conseil m’aide-t-il à mieux réfléchir ou me donne-t-il simplement davantage peur ? »
Prendre sa place ne signifie pas ne plus écouter personne.
C’est être capable d’entendre les autres sans leur abandonner systématiquement la décision.
C’est une idée que je développe également dans
« Estime de soi : 9 façons de t’affirmer et de prendre ta place ».
Les autres peuvent t’apporter leur expérience.
Ils peuvent t’apporter leurs conseils.
Ils peuvent même t’apporter leurs doutes.
Mais à la fin, certaines décisions importantes de ta vie devront rester les tiennes.
6. Apprends à devenir ton propre encouragement
Dans mon brouillon de 2016, je conseillais de créer un « mantra positif ».
Aujourd’hui, j’emploierais des mots beaucoup plus simples.
Apprends à te parler comme tu parlerais à quelqu’un que tu aimes.
Si ton enfant ou ton petit-enfant venait te voir en disant :
« J’ai envie d’essayer, mais j’ai peur de ne pas y arriver »,
lui répondrais-tu :
« Tu as raison, laisse tomber » ?
Probablement pas.
Tu lui rappellerais ce qu’il sait déjà faire.
Tu l’aiderais à regarder la situation avec calme.
Tu lui dirais peut-être de commencer doucement.
Alors pourquoi ne pas t’accorder la même bienveillance ?
Tu pourrais simplement te dire :
« J’ai déjà traversé des moments difficiles.
Je ne sais pas exactement ce qui m’attend, mais je vais faire de mon mieux avec ce que j’ai aujourd’hui. »
Ce n’est pas de l’optimisme aveugle.
C’est une manière de ne pas devenir ton propre adversaire.
Nous avons déjà suffisamment d’obstacles à affronter dans une vie.
Il n’est pas nécessaire d’en ajouter un en nous répétant continuellement que nous ne sommes pas capables.
Deux livres qui m’ont accompagné
Money — Paul-Loup Sulitzer
Je préfère être précis : ce livre n’est pas à l’origine de ma première entreprise.
Mon projet était déjà né en 1968 et mon entreprise a été créée en 1970.
J’ai découvert Money plus tard.
Mais ce livre a nourri quelque chose qui était déjà très présent chez moi : le goût d’entreprendre, du commerce, des projets et de cette énergie qui pousse certaines personnes à essayer de construire quelque chose.
Je ne le considère pas comme une méthode à suivre.
C’est plutôt un livre qui a marqué une période de ma vie et mon imaginaire d’entrepreneur.
Oser : Thérapie de la confiance en soi
Frédéric Fanget
Ce livre correspond davantage au sujet de cet article.
Frédéric Fanget nous aide à comprendre pourquoi le manque de confiance peut limiter nos décisions et surtout comment l’action peut progressivement modifier le regard que nous portons sur nous-mêmes.
Une lecture intéressante si tu as parfois tendance à attendre de te sentir parfaitement prêt avant d’oser.
Conclusion
Lorsque j’étais plus jeune, je pensais peut-être davantage qu’il fallait vaincre ses peurs pour avancer.
Aujourd’hui, je crois autre chose.
On peut avancer avec elles.
En 1968, lorsque je rêvais de mon entreprise de vente par catalogue, je ne pouvais évidemment pas connaître tout ce que les décennies suivantes allaient m’apprendre.
Je ne savais pas quels projets réussiraient, lesquels échoueraient, combien de fois je changerais de direction ni tout ce que la vie elle-même viendrait modifier dans mes plans.
Mais j’ai avancé.
Avec parfois beaucoup de confiance.
Et parfois beaucoup moins.
C’est peut-être cela que j’aimerais transmettre aujourd’hui à mes enfants, mes petits-enfants et à ceux qui me lisent.
N’attends pas nécessairement le jour où tu n’auras plus peur.
Prépare-toi.
Écoute les bons conseils.
Regarde honnêtement les difficultés.
Apprends ce qui te manque.
Et lorsque tu penses que le moment est venu, fais un pas.
Puis un autre.
La confiance ne précède pas toujours le chemin.
Très souvent, elle se construit en marchant.
L’idée essentielle
Douter de toi ne signifie pas que tu es incapable.
Écoute ce que ton doute essaie de te dire, vérifie s’il existe un véritable obstacle, puis ne le laisse pas décider seul de ce que tu peux devenir.
Pour aller plus loin…
Je te conseille ces deux lectures :
Money — Paul-Loup Sulitzer
Oser : Thérapie de la confiance en soi — Frédéric Fanget
Deux livres très différents : l’un m’a accompagné dans mon goût pour l’entreprise et l’action ;
l’autre permet de mieux comprendre les mécanismes de la confiance en soi.
Une question pour toi…
Y a-t-il quelque chose que tu aimerais faire depuis longtemps, mais que tu repousses parce que tu doutes de toi ?
Et si, au lieu de te demander :
« Est-ce que je suis certain de réussir ? »
tu te demandais simplement :
« Quel petit pas puis-je faire maintenant pour savoir si cette idée mérite d’aller plus loin ? »
Quelques mots pour toi…
Le doute reviendra probablement de temps en temps.
Il est humain.
Ne cherche pas forcément à le faire taire.
Écoute-le, regarde ce qu’il a à te dire, puis continue ton chemin lorsque tu sais que ce chemin compte pour toi.
Tu n’as pas besoin d’être certain de réussir pour avoir le droit d’essayer.
Première publication le : 7 janvier 2016
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