Quand tu as l’impression de ne pas être à la hauteur, ne laisse pas cette pensée décider de ta valeur. Apprends à regarder avec davantage de bienveillance la personne que tu es et le chemin que tu as déjà parcouru.
Introduction
Il nous arrive à tous d’avoir des moments où nous doutons de nous-mêmes.
Nous regardons ce que font les autres, nous repensons à nos erreurs, nous nous reprochons ce que nous aurions pu mieux faire et une petite phrase finit parfois par s’installer dans notre tête :
« Je ne suis pas assez bien. »
Pas assez capable.
Pas assez courageux.
Pas assez intelligent.
Pas assez intéressant.
Pas assez loin dans la vie.
Avec les années, j’ai compris que cette petite voix pouvait être très convaincante… sans pour autant avoir raison.
Je ne vais pas te dire qu’il suffit de penser positivement pour que les doutes disparaissent.
Je ne le crois pas.
Nous avons tous des faiblesses.
Nous faisons de mauvais choix.
Nous échouons parfois.
Et il faut aussi savoir regarder ses erreurs en face.
Mais reconnaître une erreur est très différent de décider que nous sommes nous-mêmes une erreur.
J’aimerais donc partager avec toi huit choses que la vie m’a apprises lorsque cette petite voix revient nous murmurer que nous ne sommes pas à la hauteur.
Et tu verras qu’une période de ma jeunesse m’a beaucoup appris à ce sujet.
1. Ne crois pas tout ce que ta petite voix te raconte
Nous avons tous un dialogue intérieur.
Et ce dialogue n’est pas toujours tendre.
« Tu aurais dû faire mieux. »
« Tu n’en es pas capable. »
« Les autres réussissent mieux que toi. »
« Tu vas encore te tromper. »
Je conseillais autrefois de répondre très fermement à cette voix intérieure pour la faire taire.
Aujourd’hui, je préfère une autre approche.
Je crois qu’il est plus utile de l’écouter quelques instants et de se demander :
« Est-ce un fait… ou simplement une pensée ? »
Si tu as commis une erreur, reconnais-la.
S’il existe un problème, cherche ce que tu peux faire.
Mais si cette petite voix transforme une difficulté en jugement sur toute ta personne, ne lui donne pas automatiquement raison.
Tu peux avoir échoué sans être un échec.
Tu peux avoir peur sans être faible.
Tu peux ne pas savoir encore faire quelque chose sans être incapable de l’apprendre.
Une pensée n’est pas toujours une vérité.
Et apprendre cette différence peut déjà changer beaucoup de choses.
2. Une mauvaise période ne décide pas de toute ta vie
À 23 ans, j’ai vécu une période dont j’étais en grande partie responsable.
Je venais de terminer 30 mois de service militaire, prolongé à cause de la guerre d’Algérie.
Pendant cette période, je m’étais fait une promesse : lorsque je serais enfin libéré, j’irais à Paris et je profiterais de la vie.
Et c’est ce que j’ai fait.
Pendant plus de six mois, j’ai beaucoup privilégié la fête et pas suffisamment pensé au travail et à la suite.
Jusqu’au moment où la vie m’a rappelé à l’ordre.
Je me suis retrouvé sans argent et sans véritable travail.
J’ai alors accepté différents petits boulots simplement pour vivre.
Je pourrais aujourd’hui juger sévèrement le jeune homme que j’étais.
Mais à quoi cela servirait-il ?
À un moment, j’ai compris que je devais me reprendre en main.
Mes débuts n’ont pas été faciles.
J’ai commencé à travailler dans la publicité.
Je me suis formé.
Puis j’ai rejoint une société d’import-export où j’ai énormément appris.
Une chose avait changé en moi : je ne voulais plus revivre la galère que je venais de connaître.
Cette période m’a appris quelque chose que j’aimerais transmettre à mes enfants et petits-enfants :
avoir mal commencé ne signifie pas que tu es condamné à continuer ainsi.
Tu peux regarder une erreur en face, en prendre la responsabilité et décider malgré tout de construire autre chose.
C’est aussi ce que j’évoque dans Doute de soi : 6 façons de retrouver confiance et d’oser avancer :
nous n’avons pas besoin d’attendre que tous nos doutes disparaissent pour recommencer à avancer.
3. Souviens-toi du chemin que tu as déjà parcouru
Lorsque nous doutons de nous, nous avons une drôle de tendance : nous nous souvenons très facilement de nos erreurs et beaucoup moins de ce que nous avons réussi.
Alors fais parfois l’exercice inverse.
Regarde derrière toi.
Pas pour vivre dans le passé, mais pour te rappeler ce que tu as déjà traversé.
Une difficulté que tu pensais insurmontable.
Une décision que tu avais peur de prendre.
Une compétence que tu ne possédais pas et que tu as fini par apprendre.
Une période dont tu pensais ne jamais sortir.
Tu peux même prendre une feuille et noter quelques-uns de ces souvenirs.
Il ne s’agit pas de dresser la liste de tes exploits.
Certaines victoires sont minuscules aux yeux des autres et immenses pour celui qui les a vécues.
À 23 ans, simplement reprendre ma vie en main était déjà une victoire.
Puis il y en a eu d’autres.
Et chacune m’a appris quelque chose.
Lorsque tu traverses une période de doute, ton passé peut parfois te rappeler une chose essentielle :
tu as déjà été capable d’avancer alors que tu ne savais pas encore comment tu allais y arriver.
4. Arrête de mesurer ta vie avec celle des autres
Se comparer aux autres est humain.
Mais lorsqu’on le fait constamment, cela devient épuisant.
Il y aura toujours quelqu’un qui gagnera davantage, qui semblera plus heureux, qui aura davantage réussi, qui possédera une plus belle maison ou qui donnera l’impression d’avoir trouvé sa voie plus rapidement.
Si tu utilises constamment la vie des autres pour mesurer la tienne, tu trouveras toujours une raison de penser que tu n’es pas assez bien.
Essaie plutôt une autre comparaison :
compare-toi à la personne que tu étais hier.
As-tu appris quelque chose ?
As-tu mieux réagi à une difficulté ?
As-tu fait un pas que tu n’aurais pas osé faire auparavant ?
As-tu pris davantage soin de toi ou de quelqu’un que tu aimes ?
Ce sont aussi des progrès.
J’ai consacré un article entier à cette question :
Estime de soi : 9 façons de t’affirmer et de prendre ta place.
Prendre sa place ne signifie pas être meilleur que les autres.
Cela signifie simplement comprendre que ta vie n’a pas besoin de ressembler à la leur pour avoir de la valeur.
5. N’oublie pas que tu ne vois qu’une partie de la vie des autres
Les réseaux sociaux ont rendu la comparaison encore plus facile.
Nous voyons les voyages, les réussites, les beaux repas, les sourires, les anniversaires, les nouvelles maisons et les moments heureux.
Et c’est très bien de partager tout cela.
Mais il faut simplement se rappeler que nous regardons souvent quelques instants choisis d’une vie entière.
Nous ne voyons pas forcément les inquiétudes, les disputes, les déceptions, les problèmes de santé, les nuits sans sommeil ou les moments de doute.
Alors ne compare pas toute ta vie, avec ses bons et ses mauvais jours, à quelques belles images de la vie de quelqu’un d’autre.
Et si certaines publications finissent systématiquement par te faire sentir inférieur, tu as parfaitement le droit de prendre un peu de distance.
Ce n’est pas rejeter les autres.
C’est parfois simplement protéger ton équilibre.
Demande-toi :
« Ce que je regarde régulièrement me fait-il du bien ou finit-il par abîmer le regard que je porte sur ma propre vie ? »
La réponse peut t’aider à choisir plus consciemment ce à quoi tu donnes ton attention.
6. Reconnais tes petites victoires
Nous avons souvent appris à célébrer les grandes réussites.
Un diplôme.
Une promotion.
Un projet important.
Une entreprise qui réussit.
Mais entre deux grandes étapes, il existe des centaines de petites victoires que nous oublions presque immédiatement.
Tu as passé un appel que tu repoussais.
Tu as osé dire non.
Tu as repris une activité.
Tu as demandé de l’aide.
Tu as terminé quelque chose que tu avais commencé.
Tu as réussi à rester calme dans une situation qui autrefois t’aurait emporté.
Pourquoi ne pas reconnaître aussi ces moments-là ?
La confiance en soi se construit rarement en une seule fois.
Elle grandit souvent de cette manière :
une petite action → une petite réussite → un peu plus de confiance → une nouvelle action.
N’attends donc pas d’avoir accompli quelque chose d’extraordinaire pour être satisfait de toi.
Parfois, pouvoir se dire simplement :
« Aujourd’hui, j’ai fait un pas dans la bonne direction »
est déjà beaucoup.
7. Parle-toi comme tu parlerais à quelqu’un que tu aimes
Imagine qu’un de tes enfants, un petit-enfant ou un ami proche vienne te voir après avoir échoué.
Que lui dirais-tu ?
Probablement pas :
« Tu es vraiment incapable. »
« Tu rates toujours tout. »
« Tu ne feras jamais rien de bon. »
Tu essaierais sans doute de comprendre ce qui s’est passé.
Tu lui rappellerais ses qualités.
Tu l’aiderais à voir ce qu’il peut apprendre.
Et surtout, tu l’encouragerais à recommencer.
Alors pourquoi sommes-nous parfois beaucoup plus durs avec nous-mêmes qu’avec ceux que nous aimons ?
La bienveillance envers soi n’est pas une excuse pour ne jamais reconnaître ses erreurs.
Au contraire.
Tu peux te dire :
« Là, je me suis trompé. »
sans ajouter :
« Je ne vaux rien. »
À 23 ans, j’avais besoin de prendre mes responsabilités.
Mais j’avais surtout besoin de me remettre debout.
Aujourd’hui, je crois que l’estime de soi commence aussi là : apprendre à se corriger sans se détruire.
8. Concentre-toi sur le prochain pas, pas sur le résultat parfait
Lorsque nous ne nous sentons pas à la hauteur, nous regardons souvent trop loin.
Nous imaginons tout ce qu’il faudrait réussir.
Tout ce qu’il faudrait apprendre.
Tout ce qui pourrait mal se passer.
Et devant cette montagne, nous n’osons plus commencer.
Alors rapproche ton regard.
Ne te demande pas toujours :
« Est-ce que je vais réussir ? »
Demande-toi plutôt :
« Quel est le prochain pas que je peux faire ? »
Lorsque j’ai décidé de sortir de ma mauvaise passe à 23 ans, je ne connaissais certainement pas la suite de ma vie.
Je n’avais pas devant moi le plan de tout ce que j’allais faire.
Il fallait d’abord travailler.
Puis apprendre.
Puis saisir une nouvelle occasion.
Puis recommencer.
C’est une idée qui m’est devenue chère avec les années : nous n’avons pas besoin de connaître toute la route pour avancer.
Dans Concentre-toi sur ce qui est en ton pouvoir : 10 façons de vivre plus sereinement, je reviens justement sur cette distinction entre ce que nous pouvons maîtriser et ce qui nous échappe.
Tu ne maîtrises pas toujours le résultat.
Mais très souvent, le prochain pas t’appartient encore.
Conclusion
À 23 ans, si quelqu’un m’avait montré tout ce que j’allais vivre ensuite, je ne sais pas si je l’aurais cru.
À ce moment-là, je voyais surtout mes difficultés immédiates : peu d’argent, pas de situation stable et la nécessité de repartir presque de zéro.
J’avais fait des choix dont je devais assumer les conséquences.
Mais heureusement, ma vie ne s’est pas arrêtée à ces choix.
J’ai appris. Je me suis formé. J’ai travaillé. J’ai changé plusieurs fois de direction. J’ai réussi certaines choses et j’en ai raté d’autres.
Et c’est peut-être cela que j’aimerais aujourd’hui transmettre.
Ne laisse jamais une période difficile devenir la définition de toute ta personne.
Tu n’es pas seulement ce que tu as raté.
Tu n’es pas seulement ce que quelqu’un a dit de toi.
Tu n’es pas non plus la personne que tu étais il y a dix, vingt ou cinquante ans.
Tant que la vie continue, nous pouvons encore apprendre quelque chose, changer une habitude, réparer lorsque c’est possible, demander pardon, recommencer ou simplement faire un pas différent.
À 85 ans, je regarde forcément certaines décisions de ma jeunesse avec un autre regard.
Je ne cherche pas à les embellir.
Mais je sais maintenant qu’une erreur peut aussi devenir une leçon lorsqu’on décide de ne pas s’y enfermer.
Et cela me semble beaucoup plus important que de vouloir avoir toujours été parfait.
L’idée essentielle
Une période difficile, une erreur ou un mauvais choix ne résume jamais toute une vie.
Tu peux reconnaître ce qui n’a pas été, apprendre et décider de ce que tu veux construire maintenant.
Pour aller plus loin…
Je garderais deux livres dans l’esprit de cet article :
Le pouvoir de la confiance en soi :
Devenez impossible à arrêter, irrésistible et audacieux dans toutes les sphères de votre vie
— Brian Tracy
Un livre consacré à la manière dont la confiance se développe progressivement à travers nos décisions et nos actions.
Comme un homme pense — James Allen
Un petit livre autour de l’influence de nos pensées sur notre manière de vivre et d’agir.
Ce livre est le plus célèbre des livres de James Allen.
Il inspira le « Le Secret », et est considéré comme un incontournable des livres de développement personnel.
Une question pour toi…
Y a-t-il aujourd’hui quelque chose que tu te reproches encore et qui t’empêche de voir tout le chemin parcouru depuis ?
Tu n’as pas besoin de nier ce qui s’est passé.
Mais demande-toi peut-être :
« Qu’est-ce que cette expérience m’a appris, et qu’est-ce que je peux encore en faire aujourd’hui ? »
Quelques mots pour toi…
Si un jour tu traverses une période où tu as l’impression de ne pas être à la hauteur, j’aimerais que tu te souviennes de ceci :
ne confonds jamais ce que tu traverses avec ce que tu es.
Tu peux connaître une mauvaise période.
Tu peux te tromper.
Tu peux perdre confiance.
Tu peux même devoir repartir de très bas.
Mais tant que tu peux encore faire un petit pas, tout n’est pas écrit.
Je l’ai appris à 23 ans, sans savoir à l’époque combien cette leçon m’accompagnerait longtemps.
Et aujourd’hui encore, je crois profondément à ceci :
nous ne pouvons pas réécrire ce qui est derrière nous, mais nous pouvons toujours essayer d’écrire un peu mieux la page qui vient.
À ton tour
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