Tu ne peux pas décider de tout ce qui arrive dans ta vie, mais tu peux encore choisir ta manière d’y répondre, l’énergie que tu y consacres et le prochain pas que tu vas faire.
Introduction
Il y a des choses dans la vie que nous aimerions pouvoir maîtriser.
Le comportement des autres. Le temps qui passe.
Les événements qui bouleversent nos projets.
La santé. Les décisions de ceux que nous aimons.
Et quelquefois simplement ce que demain nous réserve.
Pendant longtemps, nous pouvons dépenser une énergie considérable à vouloir changer ce qui ne dépend pas vraiment de nous.
Avec les années, j’ai compris que cette énergie serait souvent beaucoup plus utile ailleurs.
Non pas en devenant indifférent à ce qui nous arrive, mais en apprenant à faire une distinction essentielle : qu’est-ce qui dépend encore de moi dans cette situation ?
Nous ne choisissons pas toujours les circonstances.
En revanche, il nous reste souvent une parole, une décision, une attitude ou une petite action qui nous appartient.
Cette idée est simple, presque ancienne comme le monde.
Pourtant, elle peut changer profondément notre façon de traverser les difficultés.
Voici donc dix réflexions que j’aimerais partager avec toi pour apprendre à consacrer davantage ton énergie à ce qui est réellement en ton pouvoir.
1. Commence par distinguer ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi
Nous souffrons parfois davantage de ce que nous voudrions contrôler que de la situation elle-même.
Nous voudrions qu’une personne change.
Que le passé ait été différent.
Que quelqu’un comprenne enfin notre point de vue.
Que certaines difficultés disparaissent.
Mais nous pouvons nous épuiser longtemps ainsi.
Lorsque quelque chose te préoccupe, essaie de séparer mentalement deux choses.
D’un côté : ce qui dépend de toi.
Tes décisions, tes paroles, tes efforts, la manière dont tu organises ton temps, les personnes auxquelles tu demandes de l’aide, ce que tu acceptes ou refuses.
De l’autre : ce qui ne dépend pas entièrement de toi.
Les réactions des autres, leurs décisions, certains événements et une grande partie de ce que l’avenir nous réserve.
Cette distinction ne résout évidemment pas tout.
Mais elle évite de demander à ton énergie d’accomplir l’impossible.
Et elle te ramène vers un endroit beaucoup plus utile :
ce que tu peux encore faire aujourd’hui.
2. Lorsque quelque chose t’inquiète, pose-toi une question simple
Face à une difficulté, notre esprit part quelquefois dans toutes les directions.
Nous imaginons ce qui pourrait arriver.
Nous anticipons les réactions des autres.
Nous revenons sur ce que nous aurions dû faire.
Et pendant ce temps, nous oublions parfois la seule question qui pourrait réellement nous aider :
« Quelle partie de cette situation est encore entre mes mains ? »
Peut-être peux-tu avoir une conversation.
Demander un renseignement.
Préparer davantage un rendez-vous.
T’excuser.Dire non.
Changer ton organisation.
Ou simplement attendre parce que, pour le moment, aucune action utile n’est possible.
Cette dernière possibilité est également importante.
Nous ne sommes pas obligés d’agir sur tout immédiatement.
Parfois, reconnaître que quelque chose n’est momentanément pas entre nos mains permet justement de retrouver un peu de calme.
Il ne s’agit donc pas de tout résoudre.
Il s’agit de chercher
le petit espace de liberté qui existe encore dans la situation.
Et très souvent, cet espace est plus grand que nous ne l’imaginions.
3. Cherche la prochaine action plutôt que la solution parfaite
Lorsque nous avons un problème important devant nous, nous aimerions parfois connaître immédiatement toute la solution.
Mais la vie fonctionne rarement ainsi.
Nous découvrons souvent le chemin en avançant.
Alors, au lieu de te demander :
« Comment vais-je résoudre tout cela ? »
essaie plutôt :
« Quelle est la prochaine chose utile que je peux faire ? »
Un appel.Un courrier.
Une heure de travail.Une conversation.
Une promenade pour retrouver les idées plus claires.Un premier renseignement.
Ce sont de petites choses, mais elles ont une qualité essentielle : elles sont possibles maintenant.
J’ai souvent constaté dans ma propre vie qu’un projet qui paraissait immense devenait beaucoup plus accessible lorsqu’on cessait de regarder toute la montagne pour s’occuper simplement du prochain pas.
C’est aussi une idée que je partage dans « 6 petits rituels quotidiens qui changeront ta vie » :
les changements durables commencent souvent par des gestes beaucoup plus modestes que nous l’imaginons.
Tu n’as pas toujours besoin de connaître toute la route.
Tu as surtout besoin de savoir où poser le prochain pied.
4. Continue d’avancer, même lorsque tu dois changer de route
Avancer ne signifie pas toujours continuer exactement dans la direction que nous avions prévue.
C’est une leçon que la vie m’a souvent rappelée.
J’ai moi-même changé plusieurs fois d’activité au cours de mon existence.
À chaque fois, j’aurais pu considérer ce changement comme la preuve que le chemin précédent avait été inutile.
Je ne le crois pas.
Chaque expérience m’avait appris quelque chose.
Chaque étape préparait, d’une manière ou d’une autre, la suivante.
Nous avons parfois une idée trop rigide de la réussite :
choisir une route et ne jamais en dévier.
Mais la vie n’est pas une ligne droite.
Un obstacle peut nous obliger à ralentir.
Un événement peut modifier nos projets.Une décision peut nous conduire ailleurs.
Ce qui reste en notre pouvoir, c’est la façon dont nous allons utiliser ce changement.
Alors, si ta route ne ressemble plus à celle que tu avais imaginée, ne conclus pas trop vite que tu as échoué.
Changer de direction n’est pas nécessairement reculer.
Quelquefois, c’est simplement continuer autrement.
5. Souviens-toi qu’il reste presque toujours quelque chose qui t’appartient
Il existe évidemment des événements devant lesquels notre pouvoir paraît minuscule.
Une maladie.
Une séparation.
Une perte.
Une décision qui nous est imposée.
Un changement que nous n’avons jamais demandé.
Dans ces moments-là, dire à quelqu’un « tu n’as qu’à penser positivement » serait bien peu utile.
Nous devons d’abord reconnaître la réalité.
Mais même lorsque nous ne choisissons pas ce qui nous arrive, il reste parfois quelque chose qui nous appartient.
La personne à qui nous allons parler.
L’aide que nous allons accepter.
La manière dont nous allons organiser demain.Le temps que nous allons consacrer à ceux que nous aimons.
Le prochain petit projet que nous allons commencer.
Je l’ai moi-même appris lorsque certaines circonstances de la vie nous ont obligés, mon épouse et moi, à abandonner une vie professionnelle que nous aurions volontiers poursuivie.
Nous n’avions pas choisi la situation.
Mais il nous restait à choisir ce que nous allions construire après elle.
Et cette différence est immense.
6. Protège ton esprit sans te couper du monde
Nous ne contrôlons pas tout ce que nous entendons.
Mais nous pouvons choisir une partie de ce que nous laissons entrer quotidiennement dans notre esprit.
Les informations.Les réseaux sociaux.
Les conversations.Les personnes avec lesquelles nous passons beaucoup de temps.
Certaines nous aident à réfléchir, à relativiser et à avancer.
D’autres nous laissent systématiquement découragés, irrités ou anxieux.
Cela ne signifie pas qu’il faille uniquement fréquenter des personnes qui pensent comme nous ou refuser de regarder les difficultés du monde.
Ce serait une autre manière de fuir la réalité.
Il s’agit plutôt de préserver un équilibre.
Demande-toi parfois :
« Est-ce que ce que je regarde, écoute ou lis m’aide à mieux comprendre… ou est-ce que cela nourrit simplement mon inquiétude ? »
Tu ne peux pas empêcher toute négativité d’exister.
Mais tu peux décider de ne pas lui offrir toutes tes journées.
Ton attention est précieuse.
Choisis avec un peu de soin ce à quoi tu la donnes.
7. Prends soin de toi avant d’être complètement épuisé
Nous remettons facilement à plus tard ce qui concerne notre propre bien-être.
Nous avons toujours autre chose à faire.
Quelqu’un à aider.Un travail à terminer.Une responsabilité à assumer.
Et puis un jour, notre corps ou notre esprit nous rappelle que nous avons aussi nos limites.
Prendre soin de toi ne signifie pas te placer constamment avant les autres.
Cela signifie simplement reconnaître que tu fais toi aussi partie des personnes dont tu as la responsabilité.
Dormir suffisamment.Marcher.
Faire une pause.
Manger correctement.
Consulter lorsqu’un problème de santé le demande.
Passer du temps avec ceux que tu aimes.
T’accorder quelques heures sans obligation.
Ce sont des choses simples, mais nous les négligeons parfois jusqu’au jour où elles deviennent indispensables.
Nous ne pouvons pas contrôler notre santé ni notre énergie dans leur totalité.
Mais nous pouvons prendre soin de ce qui nous est confié.
Et surtout, ne pas attendre d’être complètement vidé pour commencer à nous écouter.
8. Apprends à dire non à ce qui prend trop de place
Dire non est parfois difficile.
Nous avons peur de décevoir.
D’être mal compris.
De paraître égoïste.
Alors nous acceptons une responsabilité supplémentaire, une invitation que nous ne souhaitons pas, une demande qui nous coûte trop.
Et progressivement, nous ne savons plus très bien où passe notre propre vie.
Dire non n’est pourtant pas rejeter les autres.
C’est parfois simplement reconnaître nos limites.
Tu ne contrôles pas la façon dont une personne réagira à ton refus.
En revanche, tu peux contrôler la manière dont tu exprimes ce refus : avec respect, sans agressivité et sans inventer dix excuses.
J’en parle également dans « Estime de soi : 9 façons de t’affirmer et de prendre ta place » : apprendre à s’affirmer, c’est comprendre que ta place n’a pas moins de valeur que celle des autres.
Un non peut protéger ton temps, ton énergie ou ta tranquillité.
Et surtout, il permet parfois de garder un vrai oui pour ce qui compte vraiment.
9. Lâche ce que tu ne peux plus changer
Il y a des combats que nous continuons longtemps après qu’ils ont cessé d’être utiles.
Nous rejouons une conversation.
Nous regrettons une décision.
Nous voudrions changer une personne.
Nous imaginons ce que nous aurions dû répondre.
Mais le passé possède une caractéristique assez têtue : il ne revient pas pour être corrigé.
Nous pouvons apprendre de lui.
Réparer ce qui peut encore l’être.
Demander pardon.
Changer notre comportement aujourd’hui.
Mais nous ne pouvons pas refaire hier.
Lâcher prise n’est donc pas oublier ni approuver ce qui s’est passé.
C’est cesser de demander au passé de devenir différent.
C’est précisément pour cette raison que j’ai consacré un autre article à
« Pourquoi vouloir tout contrôler t’empêche d’être heureux… et comment retrouver enfin la paix intérieure ».
Il existe une vraie liberté dans cette distinction :
agir là où tu peux encore agir, et apprendre à déposer ce que tu ne peux plus modifier.
Cela demande parfois du temps.Mais ce temps-là n’est jamais perdu.
10. Termine ta journée en regardant aussi ce qui va bien
Notre esprit remarque facilement ce qui manque.
Ce qui n’a pas fonctionné.
Ce que nous n’avons pas encore obtenu.
Ce qui nous inquiète.
La gratitude nous invite à regarder également l’autre partie du tableau.
Pas pour faire semblant que tout va bien.
Simplement pour ne pas laisser les difficultés raconter à elles seules toute l’histoire de notre vie.
Il peut s’agir d’un repas partagé.
D’un appel.
D’un rayon de soleil.
D’une journée sans mauvaise nouvelle.
D’une personne qui nous aime.
D’une petite chose que nous avons réussi à terminer.
Prendre quelques instants pour reconnaître cela change doucement notre regard.
C’est pourquoi j’aime tant cette pratique et que je lui ai consacré « Le pouvoir de la gratitude : 5 habitudes qui rendent la vie plus belle ».
Nous ne contrôlons pas tout ce que la vie nous donne.
Mais nous pouvons apprendre à mieux voir ce qu’elle nous donne déjà.
Et quelquefois, ce simple changement de regard suffit pour terminer une journée avec davantage de paix.
Conclusion
Avec le temps, je crois que l’une des formes de sagesse consiste à savoir où placer son énergie.
Nous pouvons passer des années à essayer de changer certaines personnes, à regretter le passé, à craindre l’avenir ou à vouloir empêcher la vie de nous surprendre.
Et pourtant, elle nous surprendra.
Il y aura encore des changements que nous n’aurons pas choisis, des projets qui ne se dérouleront pas comme prévu et des décisions qui ne dépendront pas de nous.
Mais il restera aussi ce petit territoire qui nous appartient.
Notre prochaine décision.
Notre manière de parler.
Ce que nous allons faire de notre journée.
Les personnes auxquelles nous allons consacrer du temps.
Ce que nous allons essayer de construire avec ce que la vie nous donne aujourd’hui.
À mon âge, je ne crois plus beaucoup à l’idée de tout maîtriser.
Je crois davantage à celle de faire de son mieux avec ce qui est entre nos mains et d’apprendre à laisser le reste suivre son chemin.
Cela ne rend pas la vie parfaitement prévisible.
Mais cela peut la rendre beaucoup plus légère.
L’idée essentielle
Mais tu peux encore choisir ce que tu vas faire de ce qui arrive.
Pour aller plus loin…
Un livre accompagne particulièrement bien cette réflexion :
Lire : Entretiens, Lettres à Lucilius de Sénèque.
Les stoïciens avaient déjà placé cette distinction au cœur de leur philosophie :
apprendre à reconnaître ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas.
Je trouve cette pensée étonnamment moderne.
Elle ne nous demande pas de devenir indifférents à la vie, mais de consacrer davantage de force aux endroits où notre action peut réellement servir.
Une question pour toi…
Y a-t-il aujourd’hui quelque chose qui te préoccupe beaucoup alors que tu n’as, en réalité, presque aucun pouvoir dessus ?
Et à côté de cela, quelle petite chose est encore entre tes mains ?
C’est peut-être là que ton énergie serait la plus utile.
Quelques mots pour toi…
Tu n’as pas besoin de tout maîtriser pour avancer.
Tu n’as pas besoin de connaître la suite de l’histoire.
Et tu n’as certainement pas besoin de porter sur tes épaules tout ce qui se passe autour de toi.
Fais ce que tu peux.
Prends soin de ce qui dépend de toi.
Essaie de faire un peu de bien autour de toi.
Et lorsque quelque chose échappe réellement à ton pouvoir, apprends peu à peu à le laisser suivre son cours.
Nous avons souvent moins de contrôle sur la vie que nous le souhaiterions, mais beaucoup plus de pouvoir sur notre façon de la vivre que nous ne le pensons.
Prends soin de toi.
« Première publication : 29 mars 2024 »
À ton tour
Laisse un commentaire
Partage ton expérience ou la réflexion que cet article t’inspire. Ton adresse e-mail ne sera jamais publiée.
3 commentaires